« FEMINICIDE » de Mérignac : Revue des actions menées par le cabinet pour la famille de Chahinez

En mai 2021, la mort de Chahinez, brûlée vive par son ex compagnon, fait la une de l’actualité.

Une telle violence conjugale nous sidère et nous interroge.

Quelle vision de la femme chez ces hommes qui passent à l’acte ? Pour quelles raisons leur est-il si insupportable que leurs compagnes ou ex compagnes puissent s’affranchir du contrôle et de l’ascendant qu’ils entendent leur imposer?

Certains pointent du doigt les effets délétères de la culture « du patriarcat »…

Il nous apparait absolument nécessaire qu’une réflexion en profondeur soit menée sur la notion d’égalité entre les sexes et sur les valeurs que nous souhaitons transmettre à nos enfants.

Seul un travail de sensibilisation et d’éducation peut en effet permettre à l’avenir que de tels actes ne se reproduisent plus.

Dans ce drame familial, les parents de la victime se sont constitués partie civile. Notre cabinet les accompagne dans le cadre de l’instruction criminelle ouverte auprès d’un juge d’instruction du Tribunal Judiciaire de Bordeaux.

Nous mènerons, à leur côté, le combat pour la manifestation de la vérité, la restauration de la mémoire de leur fille et nous veillerons à ce que la justice retienne la notion de préméditation dans cette affaire où l’auteur des faits devra assumer la pleine mesure de ses actes et de sa responsabilité pénale.
Nous les accompagnons également dans la procédure ouverte auprès du Juge des enfants pour leur permettre d’obtenir le placement à leur domicile de leurs trois petits-enfants.
Malgré leur arrivée sur le territoire national il y a plus de 2 mois et demi, ils ne bénéficient à ce jour que d’un droit de visite médiatisé de quelques heures chaque samedi en présence de tiers.

Une telle situation, causée par la lenteur des procédures d’évaluation et des investigations sociales, mais difficilement justifiable, ne fait que rajouter de l’incompréhension à leur douleur légitime. Nous espérons néanmoins que les actions récentes menées par le cabinet permettront de faire évoluer rapidement et favorablement la situation.

Par ailleurs, les nombreux dysfonctionnements évoqués dans le rapport de l’Inspection Générale de l’Administration et de l’Inspection Générale de la Justice publié en juin dernier doivent également conduire à une nécessaire réflexion sur l’amélioration de la prise en charge et de l’accueil des victimes de violences conjugales afin de prévenir la réitération de tels actes.

Par les actions que nous allons mener dans les prochains mois, et dans l’attente de la communication du rapport de l’Inspection Générale de la Police Nationale, nous souhaitons contribuer à ce débat.

Une meilleure communication et centralisation des données sensibles entre les différents acteurs de la chaîne judiciaire ( Services de police et de gendarmerie, magistrats du parquet et du siège, juge de l’application des peines, Service Pénitentiaire de Probation et d’Insertion) nous apparaît absolument essentielle.

La généralisation des dispositifs de protection, tel le Bracelet Anti Rapprochement, ou encore l’information systématique des victimes quant aux mesures d’aménagement de peine accordées aux auteurs de violences conjugales nous paraissent être des propositions utiles.

Néanmoins, seule une approche fine et individualisée au regard de chaque dossier est susceptible de prévenir le passage à l’acte des individus les plus déterminés.

Le recours à des évaluations psychologiques pour tenter de cerner le profil de l’auteur doivent être le guide de la décision pénale, qu’il s’agisse d’une condamnation, d’un aménagement de peine ou de son éventuelle révocation.

Enfin, la géolocalisation, aux fins d’interpellation, des individus les plus mobiles doit être utilisée dès que cela est possible par les enquêteurs, ce qui n’a pas été le cas dans ce dossier.

En effet, en cas de nouveaux faits, l’interpellation rapide de l’auteur est absolument essentielle pour freiner l’escalade de la violence.

Dans cette optique, un travail de sensibilisation et de formation à l’accueil des victimes de violences conjugales au sein des commissariats et gendarmerie doit être effectuée en profondeur.

La réactivité des services d’enquête, sous le contrôle avisé du parquet demeure le moyen le plus sûr de prévention. C’est un droit absolu pour les victimes et pour tout justiciable.

 

Article féminicide Mérignac - Cabinet J Plouton

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