Meurtre à Bruges : 30 ans de réclusion aux assises d'Angoulême
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 18 avr. 2015
- 3 min de lecture
En bref : Le 17 avril 2015, la cour d'assises d'appel de la Charente, à Angoulême, a condamné Jerry Paget à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Marie-Denise Duprat, commis le 7 janvier 2007 à Bruges (Gironde). La cour n'a pas suivi les réquisitions sur la période de sûreté de 22 ans. La défense était assurée par Mes Alexandre Novion et Julien Plouton.
Le verdict de la cour d'assises d'appel de la Charente
Vendredi soir, la cour d'assises d'appel de la Charente a rendu son verdict à l'encontre de Jerry Paget, jugé depuis lundi pour le meurtre de Marie-Denise Duprat, surnommée Michou.
La peine prononcée est de trente ans de réclusion criminelle. Mais cette fois, sans la période de sûreté de 22 ans qui avait été retenue en première instance. Jerry Paget avait par ailleurs déjà été condamné en 2013 pour un viol.
Les faits : un cambriolage qui tourne au drame à Bruges
Le dimanche 7 janvier 2007, Marie-Denise Duprat est retrouvée à son domicile de Bruges, lardée de coups de couteau. C'est son mari, un temps soupçonné avant d'être mis hors de cause et depuis décédé sans connaître l'épilogue, qui découvre le corps.
Il s'agissait en fait d'un cambriolage qui a mal tourné. Jerry Paget connaissait bien les Duprat : il était leur locataire et avait déjà effectué des petits travaux chez eux, à Bruges. Ce jour-là, il aurait voulu faire main basse sur l'argent et les objets de valeur du couple, repérés lors d'une précédente visite. Il pensait être seul. Mais il avait été surpris par Marie-Denise Duprat sitôt passé le seuil de la porte.
La stratégie de la défense : faire émerger la vérité
Il a fallu tout le tact et la patience de ses avocats, Mes Alexandre Novion et Julien Plouton, pour approcher la vérité au cours des débats devant la cour d'assises d'appel.
« Cette fois, il n'a pas fui ses responsabilités et ne s'est pas caché derrière un tiers fantôme qui aurait commis les faits en sa présence », soulignent les deux conseils, pour lesquels « ce procès aura été utile pour toutes les parties ».
Cette posture d'acceptation, rare dans les dossiers criminels de cette gravité, a permis aux débats de se concentrer sur les circonstances précises du drame plutôt que sur la contestation des faits. C'est dans cette logique que la défense a plaidé l'écart à la période de sûreté.
Les réquisitions et la peine prononcée à Angoulême
Comme au premier procès, l'avocat général Marie-Hélène de la Landelle a requis à Angoulême trente ans de réclusion assortis d'une période de sûreté. Elle n'a été suivie que sur le quantum de la peine, la cour écartant la période de sûreté de 22 ans.
Concrètement, cela signifie que Jerry Paget pourra solliciter des aménagements de peine selon les règles de droit commun, sans devoir attendre l'expiration d'une période minimale incompressible.
Un casier déjà lourd : la condamnation pour viol de 2013
Cette sanction s'ajoute à une autre, également prononcée par une cour d'assises : Jerry Paget avait été condamné en janvier 2013 à dix ans de réclusion criminelle pour le viol d'une adolescente dans le Langonnais.
Le parcours pénal de l'accusé a pesé dans les débats, sans toutefois conduire la cour à retenir la période de sûreté longue requise par le parquet général.
Source
Sud-Ouest 18/04/2015 - Meurtre à Bruges (33): 30 ans de prison






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