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Usurpation d'identité familiale : gérante de paille à 18 ans

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • 22 mai 2017
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 mai

En bref : usurpation d'identité familiale et redressement fiscal

Madame S., à peine majeure, a été utilisée comme gérante de paille par son père, entrepreneur du bâtiment frappé d'une interdiction judiciaire de gérer. Profitant d'une homonymie parfaite avec sa belle-fille, sa belle-mère a usurpé son identité pendant plusieurs années. Résultat : un redressement fiscal de plus de 100 000 euros et une plainte pénale déposée en 2014 pour abus de confiance et usurpation d'identité.

Une signature piégée : Madame S. transformée en gérante de paille

À peine majeure, Madame S. est sollicitée par son père, entrepreneur dans le bâtiment, pour signer divers documents. Sous couvert de lui rendre service, ce dernier prétend vouloir créer une société dont il assurerait lui-même la gérance dans les faits. Il lui assure qu'elle n'en sera que la gérante « de droit », sans aucune implication réelle de sa part. C'est effectivement ce qui se produisit, mais avec des conséquences dramatiques.

Pendant plusieurs années, Monsieur S. gère la société de manière occulte, épaulé par son épouse. Détail d'importance : cette dernière porte exactement les mêmes nom et prénom que sa belle-fille.

L'usurpation d'identité par homonymie : un mécanisme implacable

Profitant de cette parfaite homonymie, la belle-mère s'empare à de multiples reprises de l'identité de notre cliente, utilisant sa prétendue qualité de gérante pour accomplir les actes de gestion et d'administration de l'entreprise.

Totalement tenue à l'écart de ces affaires et ayant rapidement rompu tout contact avec son père pour des raisons personnelles, Madame S. ignore tout de ces agissements. Elle ne découvrira que plus tard la vérité : son père, sous le coup d'une interdiction judiciaire de gérer une entreprise (prononcée par une juridiction pénale), l'avait cyniquement utilisée comme prête-nom.

Le réveil fiscal de 2012 : un redressement de plus de 100 000 euros

Le piège se referme en 2012, lorsque Madame S. reçoit un courrier de l'administration fiscale l'informant d'une procédure de redressement à l'encontre de la société. Le montant réclamé donne le vertige : plus de 100 000 euros.

Au prix de longues et fastidieuses démarches, la jeune femme parvient à prouver sa bonne foi et obtient une remise gracieuse sur la dette de la société qu'on lui réclamait.

Face à cette trahison familiale, elle décide en 2014 de déposer plainte contre son père pour abus de confiance, et contre sa belle-mère pour usurpation d'identité. Du côté des impôts, bien qu'un dégrèvement partiel lui soit accordé, un solde de plus de 20 000 euros lui est toujours réclamé.

2017 : avis à tiers détenteur et relance des poursuites

Pendant trois ans, Madame S. connaît un répit et n'a plus à subir le harcèlement des relances fiscales.

Cependant, début 2017, à la suite d'un changement de gestionnaire de dossier aux impôts, la situation bascule à nouveau. Un avis à tiers détenteur (ATD) lui est notifié : l'administration s'apprête à saisir ses revenus pour recouvrer la somme restante. En effet, la jeune femme est poursuivie en sa qualité d'associée de la structure créée par son père, ce dernier ayant pris soin d'opter pour le régime de l'impôt sur le revenu, engageant ainsi directement la responsabilité personnelle de sa fille.

L'intervention du cabinet : contester l'ATD et relancer l'enquête pénale

C'est à ce stade critique que Madame S. a décidé de faire appel à notre cabinet. Notre intervention vise un double objectif : contester immédiatement cette saisie abusive par le biais d'un recours gracieux auprès de l'administration fiscale, et relancer vigoureusement l'enquête pénale, jusqu'alors enlisée, afin qu'elle soit enfin reconnue comme victime et rétablie dans ses droits.

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