Vayres : procès aux assises pour vol mortel et complicité
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 13 déc. 2017
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 sept. 2025
Maître PLOUTON intervient en défense aux côtés de Maître NOVION et Maître de CONTENCIN devant la Cour d'Assises de la GIRONDE du 11 au 15 décembre 2017.
Ce procès criminel juge un vol avec violences ayant entraîné la mort, survenu le 17 janvier 2015 à Vayres (Gironde). Notre client, mis en accusation pour complicité, conteste fermement toute participation. Le dossier repose principalement sur l'exploitation de données téléphoniques via le logiciel ANACRIM, dont la défense entend démontrer les failles.
Les faits : une agression mortelle au domicile d'un couple
Le 17 janvier 2015, un couple issu de la communauté des gens du voyage est victime d'une agression à son domicile par deux individus armés.
Dès potron-minet, les victimes sont réveillées par deux individus cagoulés, gantés et armés. Ces derniers font irruption dans leur chambre et les agressent physiquement pour savoir où se trouve leur argent. Les victimes refusent leur prise en charge par les secours. L'une d'elles décédera une semaine plus tard.
Une piste rapidement orientée vers un conflit entre familles
Les soupçons se dirigent rapidement vers les membres d'une famille également issue de la communauté des gens du voyage. En cause : un conflit opposant plusieurs familles gitanes sur fond de rivalité amoureuse, conflit qui avait déjà semé la mort.
Les victimes s'étonnent de la rapidité d'exécution du cambriolage. Les auteurs se sont dirigés directement vers leur chambre, alors même que la maison est d'une superficie conséquente. Ce détail laisse supposer qu'ils ont été préalablement informés de la configuration des lieux par notre client.
Les investigations : ADN et téléphonie au cœur du dossier
Les investigations liminaires permettent un rapprochement positif entre l'ADN relevé sur des serflex saisis sur les lieux de l'agression et le profil génétique d'un individu, qui est placé en garde à vue.
Les investigations téléphoniques relèvent l'existence de 3 numéros de téléphones bornant dans la zone des faits au moment de l'agression. Leurs utilisateurs n'ont pu être identifiés, car il s'agissait de cartes prépayées.
Après avoir attribué à notre client différents numéros de téléphones dont il nie pourtant être l'utilisateur, les enquêteurs exploitent les données téléphoniques grâce au logiciel ANACRIM. Ce logiciel croit mettre en évidence des relations téléphoniques entre les deux agresseurs présumés et notre client.
La mise en accusation devant la Cour d'Assises de la Gironde
Certain qu'il ne pouvait être sur les lieux de l'agression ce 17 janvier 2015, notre client est néanmoins suspecté d'avoir fourni aux auteurs principaux des renseignements relatifs à la configuration des lieux à cambrioler, au nombre de personnes présentes au domicile et aux objets à dérober. Une implication qu'il nie farouchement.
Malgré ses dénégations, il est mis en accusation devant la Cour d'Assises de la Gironde du chef de complicité de vol avec violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
La stratégie de défense : démontrer les failles de la téléphonie
L'essentiel de ce dossier est articulé autour de la téléphonie. Il appartiendra à la défense de souligner les failles du dossier, qui repose sur une technologie dont le caractère trop souvent faillible n'est plus à prouver. Une faillibilité qui, dans le cas présent, peut condamner un innocent à la réclusion criminelle à perpétuité.






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