Braquage de la bijouterie Prévôt : 12 ans requis aux assises
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 20 juin 2014
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 sept. 2025
Ce qu'il faut retenir
Au terme de quatre jours d'audience devant la cour d'assises de la Gironde, l'avocat général Yves Squercioni a requis 12 ans de réclusion criminelle contre les trois braqueurs présumés de la bijouterie Prévôt, et 10 ans contre le chauffeur supposé. Les accusés, Redouane E K., Azzedine B. et Salah B., encourent jusqu'à 20 ans de réclusion. Aucun n'appartient au milieu du grand banditisme. Verdict attendu ce vendredi.
Un crime préparé, et non un simple vol avec arme aggravé
« Ce n'est pas un vol avec arme aggravé mais un crime que vous avez à juger », a lancé l'avocat général Yves Squercioni à la cour et aux jurés. Pour le ministère public, l'action n'a rien d'improvisé : « Ce n'est pas une action improvisée, irréfléchie, elle a été très bien préparée. »
Mercredi, les avocates des parties civiles étaient venues exposer la douleur et l'angoisse des employées de la bijouterie. « La peur des victimes est incontestable et légitime », a reconnu le représentant du ministère public.
La question du quatrième homme : présent ou pas sur les lieux ?
Le quatrième accusé, N S., a toujours contesté avoir conduit les braqueurs sur les lieux des faits. L'avocat général reste pourtant convaincu de sa présence le 12 mars 2012 à Bordeaux.
« Il conduisait une autre voiture pour s'échapper, c'est une évidence », souligne Yves Squercioni. Les éléments matériels avancés par l'accusation sont les suivants :
l'empreinte de son index gauche relevée sur un téléphone découvert dans le coffre de la Peugeot 206 utilisée par Salah B. et Azzedine B. ;
son ADN retrouvé sur une chaussure présente dans le véhicule ;
son ADN également identifié sur un sac de sport et sur le levier de vitesse.
« Nous ne sommes plus dans des coïncidences », conclut l'avocat général.
La défense conteste la valeur des traces ADN
« La présence de traces génétiques n'équivaut pas à celle de l'individu », oppose l'un des avocats de N S., qui plaide l'acquittement en pointant les zones d'ombre du dossier.
Me Philippe Screve enchaîne : « On a dévoyé les choses et induit sa présence à Bordeaux. Les éléments scientifiques ne démontrent rien. L'ADN retrouvé est mélangé avec d'autres cellules. Le raisonnement est tronqué. »
La plaidoirie de Me Julien Plouton : absence de violence et reconstruction
Me Julien Plouton plaide pour Redouane E K., qui a reconnu les faits. La défense choisit d'insister sur deux éléments : l'absence totale de violence physique lors du braquage et la personnalité rassurante de l'accusé.
« Ils n'ont fait de mal à personne. Ils ont travaillé et passé des diplômes en prison pour se reconstruire », plaide l'avocat. Verdict aujourd'hui.
Sud-ouest 20/06/2014 - 12 ans requis contre les trois braqueurs






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