Trafic de stupéfiants à Bordeaux : 34 000 € restitués
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 20 juin 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 mai
Le cabinet Julien Plouton, basé à Bordeaux et spécialisé en défense pénale, a obtenu en avril 2024 des relaxes partielles et la restitution de près de 34 000 € en espèces dans deux dossiers distincts de trafic de stupéfiants jugés devant le Tribunal correctionnel de Bordeaux (5ème chambre, 15 avril 2024 et 7ème chambre, 26 avril 2024). Dans les deux cas, nos clients ont échappé aux peines de prison ferme requises par le parquet et récupéré l'intégralité des sommes saisies.
Deux dossiers jugés à Bordeaux en avril 2024
Ces deux affaires, traitées à quelques jours d'intervalle devant deux chambres correctionnelles différentes, partagent une mécanique commune : des saisies d'espèces importantes opérées sur la foi de contrôles policiers contestables, et un parquet réclamant la confiscation des sommes au titre du trafic de stupéfiants. Dans les deux cas, le tribunal a suivi notre argumentation et ordonné la restitution.
Affaire 1 : restitution de 19 000 € (5ème chambre, 15 avril 2024)
Contexte : notre client a été interpellé après une remise suspecte d'un objet à un conducteur, observée par la Brigade Anti-Criminalité. Une perquisition à son domicile, situé à proximité, a permis la saisie de 19 000 € en espèces.
Accusations : acquisition et détention de stupéfiants.
Réquisitions du parquet : peine d'emprisonnement ferme et confiscation des espèces saisies.
Décision : relaxe des charges de trafic, condamnation pour la seule détention avec une amende pénale modérée. Restitution intégrale des 19 000 € ordonnée par le tribunal.
Affaire 2 : restitution de 14 460 € (7ème chambre, 26 avril 2024)
Contexte : nos deux clients ont été contrôlés par les CRS au volant d'un véhicule de grosse cylindrée, avec déclaration spontanée de possession de 34 g de stupéfiants et de 14 460 € en espèces. Ces sommes étaient justifiées par des gains de paris sportifs, mais aucune vérification approfondie (perquisitions, analyses toxicologiques ou réquisitions à la Française des Jeux) n'a été menée par les enquêteurs.
Accusations : transport, détention, acquisition et usage de stupéfiants.
Réquisitions du parquet : confiscation des espèces saisies.
Décision : relaxe des charges principales (transport, détention, acquisition). Condamnation limitée à l'usage de stupéfiants, avec une amende de 500 € pour chacun. Restitution intégrale des 14 460 € ordonnée par le tribunal.
La stratégie de défense : attaquer la procédure avant le fond
Contestation des contrôles d'identité et des fouilles
Le Cabinet a démontré des irrégularités procédurales majeures lors des contrôles d'identité et des fouilles ayant conduit aux saisies, en s'appuyant sur deux axes :
Absence de cadre légal clair : les contrôles ont été effectués sans respecter les conditions posées par les articles 78-1 à 78-7 du Code de procédure pénale, qui encadrent strictement les contrôles d'identité et les fouilles.
Manque de justification objective : des observations purement subjectives, comme la nervosité supposée des individus, ont été utilisées pour justifier des contrôles dépourvus de fondement légal réel.
Ces irrégularités ont été soulevées sous forme de conclusions de nullité in limine litis, déposées avant tout débat au fond.
Contestation des charges et requalification
Le Cabinet a également plaidé que les éléments matériels recueillis ne permettaient pas de retenir des charges aussi lourdes que celles avancées par le parquet :
Absence de preuves de trafic : aucun lien matériel n'a été établi entre les sommes saisies et une activité de trafic structurée. Pas de comptabilité occulte, pas de surveillance prolongée, pas de produits stupéfiants en quantité justifiant la qualification.
Requalification des faits : dans les deux dossiers, le tribunal a suivi notre demande de requalification, ramenant les poursuites à des infractions mineures (détention ou usage), bien plus loin du périmètre du trafic initialement visé.
L'analyse juridique : pourquoi le tribunal a ordonné la restitution
Ces deux décisions illustrent deux principes que la défense a exploités méthodiquement.
Le premier est le respect strict du cadre légal des contrôles et fouilles : un contrôle d'identité ne peut reposer sur une appréciation subjective de l'attitude d'une personne. Les articles 78-1 à 78-7 du Code de procédure pénale exigent un motif précis et objectif.
Le second est la charge de la preuve en matière de trafic. Pour retenir la qualification de trafic et confisquer des espèces, le parquet doit établir un lien matériel entre la somme saisie et une activité délictueuse. Dans les deux dossiers, ce lien faisait défaut : les enquêteurs n'avaient pas mené les vérifications qui auraient pu le démontrer (réquisitions à la Française des Jeux pour le second dossier, notamment).
Le tribunal a donc retenu que les espèces saisies n'étaient pas liées à des activités délictueuses, justifiant leur restitution intégrale.
Ce que ces dossiers démontrent
Ces deux affaires soulignent l'intérêt d'une défense qui n'attend pas le débat au fond pour réagir. C'est sur le terrain procédural — la régularité des contrôles, la qualité de l'enquête, la charge probatoire — que se joue souvent l'issue d'un dossier de stupéfiants.
Pour nos clients : une restitution totale de 34 000 € sur deux dossiers, et aucune peine d'emprisonnement ferme, là où le parquet en réclamait.
Pour le Cabinet : la confirmation qu'une lecture rigoureuse de la procédure pénale reste l'un des leviers les plus efficaces en matière de défense.
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Le Cabinet intervient en matière de trafic de stupéfiants et plus largement en droit pénal devant les juridictions bordelaises.
Pour découvrir d'autres exemples concrets, consultez nos affaires traitées par le cabinet ou l'ensemble de nos affaires de trafic de stupéfiants. Notre approche s'illustre également dans cette affaire de trafic au Bouscat, jugée devant le même Tribunal correctionnel de Bordeaux.






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