top of page

Double empoisonnement aux assises de la Gironde : 15 ans, appel

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • 8 juil. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 juil. 2025

En résumé. Du 2 au 4 juillet 2025, la cour d'assises de la Gironde a jugé Claudine B., 80 ans, pour un double empoisonnement présumé commis en 2011 sur sa nièce d'adoption, Agnès L., au moyen d'aldicarbe, un pesticide interdit. Bien qu'aucun résidu de la substance n'ait jamais été retrouvé et qu'aucune preuve directe n'ait été établie, la cour a condamné notre cliente à quinze ans de réclusion criminelle. Le cabinet Plouton a interjeté appel.

Les faits : deux arrêts cardiaques en 2011, une suspecte désignée

Les faits remontent à quatorze ans. Deux arrêts cardiaques surviennent à quelques jours d'intervalle, sur une même patiente, Agnès L. Une seule personne est présente lors des deux épisodes : Claudine B., octogénaire, ancienne logeuse de la victime et présentée comme une proche de la famille. Les soupçons se dirigent rapidement vers elle.

La presse s'est largement fait l'écho des tensions et des zones d'ombre du dossier (ELLE, 3 juillet 2025, Sud Ouest, 4 juillet 2025, France 3, 5 juillet 2025). Le scénario prêtait à un traitement sensationnaliste : une femme âgée, au passé judiciaire lourd, suspectée d'avoir voulu tuer pour hériter de contrats d'assurance-vie souscrits frauduleusement. L'affaire a ému, interpellé, et inévitablement marqué les esprits.

Une condamnation à 15 ans de réclusion sans preuve directe

Malgré la mémoire des faits et l'émotion qu'ils suscitent, la justice ne saurait se prononcer sur la base d'un fantasme. Or, dans ce dossier, aucun résiduel d'aldicarbe – la substance incriminée – n'a jamais été retrouvé chez Claudine B., ni au domicile de Bordeaux, ni dans la maison de campagne de Cézac.

Me Andéol Brachanet, avocat au cabinet Plouton, a tenté de pointer les "imperfections de l'enquête", affirmant que "toutes les hypothèses n'ont pas été envisagées, toutes les portes n'ont pas été ouvertes". Me Julien Plouton a mis en garde contre le risque d'une "erreur judiciaire" si sa cliente était condamnée sur la base d'une "instruction basée sur des faisceaux d'indices et non des preuves" alors qu'aucune preuve directe de l'administration du poison n'a été établie (Sud Ouest, 1er juillet 2025).

La cour a rendu un verdict de culpabilité et condamné notre cliente à quinze ans de réclusion criminelle, alors que Claudine B. encourait la réclusion criminelle à perpétuité. Le dossier est resté dans le registre de l'étude comportementale, des recoupements d'indices, et des hypothèses. Or, notre système pénal repose sur la présomption d'innocence et la preuve certaine. La mécanique de l'empoisonnement, dans cette affaire, n'a pas été formellement reconstituée.

L'appel interjeté par le cabinet Plouton

Nous avons interjeté appel de cette décision, avec pour ambition de permettre une relecture rigoureuse des faits, à la lumière du droit, dans le respect des garanties de la défense (voir notre page d'expertise sur les procès criminels).

« C'est une peine lourde et dépourvue d'humanité, dont nous ne comprenons pas le sens », a regretté Me Julien Plouton à l'issue du verdict (Sud-Ouest). Et d'ajouter : "Accepter cette condamnation et la durée de la peine, ce serait accepter que l'on puisse figer à jamais une femme dans l'acte dont elle est accusée", explique Me Julien Plouton (France 3, 5 juillet 2025).

La ligne de défense du cabinet Plouton : rigueur, humanité et esprit critique

Notre cabinet a adopté une posture responsable, en s'efforçant de ne pas alimenter le mythe de "la mamie empoisonneuse", aussi fascinant soit-il pour les médias. Claudine B. a un passé judiciaire – c'est un fait. Mais ce passif pénal ne saurait faire la preuve d'une intention criminelle.

Tout au long de l'audience, nous avons rappelé les principes fondamentaux du droit pénal : l'individualisation des peines, la proportionnalité, et surtout l'exigence de preuves. Ce qui est en jeu ici, c'est la liberté d'une femme âgée, dont la fin de vie pourrait se jouer entre quatre murs, sur la base de déductions.

Nous avons dénoncé la tentation d'une justice narrative, qui reconstruit des mobiles, met en scène des personnages, mais s'éloigne parfois de la rigueur probatoire attendue (voir article France 3). Me Julien Plouton a notamment décrit le dossier comme "pollué par le fantasme de l'empoisonneuse alimenté par les médias" (Sud-Ouest).

Et maintenant ? La suite devant la cour d'assises d'appel

L'affaire se poursuivra devant la cour d'assises d'appel. Une nouvelle occasion de faire entendre une parole nuancée, d'éviter une possible erreur judiciaire, et de redonner à cette affaire la densité humaine qu'elle mérite.

En tant qu'avocats pénalistes, notre mission est double : protéger les droits de nos clients, même les plus impopulaires, et veiller à la bonne application du droit, y compris face à la pression médiatique.

Cette affaire s'inscrit parmi les nombreux dossiers que nous avons défendus devant les juridictions criminelles à Bordeaux (voir nos autres affaires), documentés dans nos affaires défendues devant les juridictions criminelles.

Vous souhaitez être accompagné par notre cabinet ? Je prends rendez-vous maintenant.

Pour une exploration juridique approfondie du droit pénal : notre expertise complète.

Pour une exploration juridique approfondie, consultez notre expertise en droit pénal des affaires, incluant la défense en matière de fraude, d'escroquerie et de blanchiment.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
divorce v2.jpg

Vous êtes concerné par cette situation ?
Nos avocats vous écoutent et vous conseillent.

RESSOURCES

Le droit expliqué clairement,
par des avocats.
48 articles pour comprendre vos droits, quelle que soit votre situation.

Image de Fahad Bin Kamal Anik
bottom of page