Tentative de meurtre requalifiée : 1 an au lieu de 3 ans requis
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 23 juil. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 31 janv. 2025
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Tribunal correctionnel de Bordeaux, comparution immédiate, 11 juillet 2024. Initialement placé en garde à vue pour tentative d'assassinat, un jeune homme défendu par Maître Julien Plouton a finalement été jugé en comparution immédiate pour violences avec arme en récidive légale. Le parquet requérait 3 ans de prison ferme : il a été condamné à 1 an. La requalification criminelle, obtenue dès la garde à vue, a évité une procédure devant la cour d'assises.
Les faits : une altercation à Langon le 27 juin 2024
L'incident s'est produit le 27 juin 2024 sur les bords de la Garonne à Langon. Sous l'effet de l'alcool et du cannabis, une altercation a éclaté entre notre client et un autre jeune homme. La dispute, dont les motifs restent flous, a dégénéré. La victime a subi des blessures entraînant 10 jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Notre client, déjà condamné à plusieurs reprises pour des faits de violence, a été interpellé le 9 juillet 2024 à son domicile. Il a été placé en garde à vue de 48 heures pour tentative de meurtre, avant son déferrement devant le procureur de la République et son jugement en comparution immédiate pour violences avec arme.
La requalification obtenue dès la garde à vue
Dès le début de la garde à vue, l'équipe de défense a travaillé pour démontrer que la qualification de tentative d'assassinat était disproportionnée. Cette accusation criminelle reposait sur des éléments de preuve fragiles et sur une interprétation excessive des intentions du mis en cause.
La requalification en violences avec arme a permis un renvoi en comparution immédiate devant le Tribunal correctionnel de Bordeaux, plutôt qu'une procédure criminelle prolongée devant le juge d'instruction puis la cour d'assises. La peine encourue s'en est trouvée considérablement réduite.
Les arguments plaidés par Maître Plouton
1. Les incohérences de l'enquête
Maître Plouton a souligné les déclarations fluctuantes de la victime et la disparition opportune d'un témoin clé. « L'enquête repose sur des déclarations changeantes et l'absence d'un témoin crucial, ce qui fragilise les accusations portées contre mon client », a-t-il affirmé.
2. Le contexte réel de l'altercation
Contrairement à la description d'une attaque gratuite, Maître Plouton a présenté les événements comme une « guerre de virilité » ayant mal tourné. « Ce n'est pas une bête sauvage qui s'est jetée sur un homme. Il y a eu un échange verbal, fleuri, qui a malheureusement dégénéré », a-t-il expliqué, insistant sur l'absence de planification ou d'intention délibérée de causer des blessures graves ou la mort.
3. Les regrets et la volonté de réhabilitation
Noyé dans son sweat et timide dans le box, le prévenu a exprimé des regrets sincères. La veille de son interpellation, il avait consulté son avocat pour savoir comment se rendre aux autorités, démontrant sa volonté de coopérer. « Mon client regrette profondément ses actions et a déjà entrepris des démarches pour se réhabiliter », a déclaré Maître Plouton.
4. La critique des réquisitions du parquet
Maître Plouton a critiqué la sévérité des réquisitions, qui demandait trente mois de prison dont dix de sursis probatoire. « C'est une peine pour une agression gratuite et sans contexte », a-t-il estimé, regrettant que le parquet prenne « pour argent comptant ce que dit le plaignant » sans considérer les nuances de l'affaire.
Le verdict : 1 an de prison au lieu des 3 ans requis
Le Tribunal correctionnel de Bordeaux a tenu compte du contexte de l'affaire et a retenu les circonstances atténuantes et la volonté de réhabilitation du prévenu. Les réquisitions du procureur de la République ont été écartées : une peine d'1 an de prison a été prononcée, soit deux fois moins que les 3 ans de prison ferme requis.
La requalification obtenue dès la garde à vue a permis d'éviter une procédure criminelle et la cour d'assises, tout en réduisant la peine finale.
Pourquoi une défense rapide change tout en comparution immédiate
Cette affaire illustre l'importance d'une défense pénale réactive dès la garde à vue. Intervenir tôt permet de contester la qualification pénale retenue, parfois disproportionnée par rapport aux faits réels. Une requalification de crime en délit modifie radicalement la procédure, la juridiction compétente et la peine encourue.
Au cabinet d'avocats Julien Plouton, nous nous engageons à protéger les droits de nos clients en fournissant une représentation juridique rigoureuse. Si vous ou vos proches faites face à des accusations pénales, découvrez notre expertise en défense pénale ou contactez-nous directement pour une consultation confidentielle.






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