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Affaire Chahinez Daoud : perpétuité et jurisprudence à Mérignac

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • 4 avr. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 sept. 2025

Le 4 mai 2021, Chahinez Daoud, mère de trois enfants, a été assassinée à Mérignac, en Gironde. Son mari, Mounir Boutaa, lui a tiré deux balles dans les jambes avant de l'asperger d'essence et de l'immoler en pleine rue. Le 28 mars 2025, la Cour d'assises de la Gironde a condamné Mounir Boutaa à la réclusion criminelle à perpétuité. L'arrêt place l'emprise et le contrôle coercitif au cœur de la qualification du féminicide et fait désormais jurisprudence.

Féminicide de Mérignac : les faits du 4 mai 2021

Le drame survenu à Mérignac a suscité une onde de choc nationale. Il a mis en lumière les défaillances des dispositifs de protection des victimes de violences conjugales. Mère de trois enfants, Chahinez Daoud avait alerté à plusieurs reprises sur les agissements de son mari. Le procès s'est tenu en mars 2025 devant la Cour d'assises de la Gironde.

Une couverture médiatique à la hauteur du drame

Plusieurs médias ont suivi de près le procès, apportant divers éclairages sur les circonstances et les enjeux qu'il soulève :

Le contrôle coercitif au cœur du délibéré

En tant qu'avocat de la famille Daoud, Maître Plouton, dans sa plaidoirie, a insisté sur la dimension sociétale de ce passage à l'acte criminel : « Si ce drame avait mis en lumière les défaillances persistantes des dispositifs de protection des victimes de violences conjugales, il s'inscrivait aussi dans un long continuum féminicidaire. » Cette analyse appelle à interroger, avec lucidité, la responsabilité collective face à ces drames.

Il a incité la Cour et les jurés à placer les notions d'emprise et de contrôle coercitif au cœur de leur délibéré. Pour affirmer dès maintenant qu'elles constituent une grille de lecture déterminante dans la prévention des violences intrafamiliales et des féminicides. Pour qu'on ne puisse plus dire : je ne savais pas, je n'avais pas compris.

Un arrêt qui fait jurisprudence

Cette demande a été entendue. L'arrêt pénal rendu par la Cour d'assises de la Gironde fait désormais jurisprudence. Il rappelle en effet que :

« Ce crime s'inscrit dans un contexte d'emprise et de contrôle coercitif au long cours constitué de violences verbales, physiques et psychologiques réitérées qu'il a exercé successivement sur ses deux compagnes, mères de ses enfants. Il a été décrit au cours des débats le contrôle exercé sur elles par l'accusé, sur leur habillement, sur leurs activités personnelles ou professionnelles, leurs relations, leurs ressources, leurs démarches administratives. »

Cette motivation marque une avancée : elle inscrit officiellement le contrôle coercitif comme élément structurant de la qualification du féminicide.

L'engagement du cabinet auprès des victimes

Au-delà du retentissement national de cette affaire, le cabinet garde à l'esprit, avec gravité, qu'il ne s'agit pas d'un simple fait divers. Il s'agit d'un féminicide. D'une mère assassinée. De mineurs dont l'enfance a été profondément bouleversée.

La médiatisation ne saurait suffire. Elle doit ouvrir la voie à des engagements concrets : repenser les outils de prévention, renforcer la coordination entre les institutions, écouter et croire les victimes dès leurs premières alertes. Elle doit aussi rappeler que derrière chaque affaire, il y a une vie, une famille, une communauté durablement marquées.

À travers cette affaire, notre cabinet réaffirme son engagement à porter ces voix. Agir avec exigence. Participer, autant que possible, à cet effort collectif. Pour que plus jamais une femme ne soit victime de menaces et de violences dans l'indifférence.

Pour mieux comprendre l'impact durable de ce drame sur la société et les procédures en cours contre l'État, découvrez l'histoire de Chahinez trois ans après le féminicide.

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