Accident de ski aux Angles : 39 381 € d'indemnisation
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 16 avr. 2024
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 mai
En résumé : Victime d'un accident de ski en décembre 2015 aux Angles (Pyrénées), Monsieur J. a été percuté par un skieur en fuite. Souffrant d'une fracture du genou puis d'une algodystrophie, il a saisi le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) via notre cabinet. Après contre-expertise et négociations, il a obtenu une indemnisation globale de 39 381,67 €.
Retour sur l'indemnisation d'un accident de ski survenu dans les Pyrénées, à la station des Angles.
Les circonstances de l'accident de ski aux Angles
En décembre 2015, Monsieur J. descendait une piste de ski verte dans les Pyrénées, accompagné d'un moniteur de ski expérimenté, lorsqu'il a été violemment percuté par un autre skieur. À la suite de ce choc inattendu, il a lourdement chuté, se tordant gravement le genou.
Fait aggravant : le skieur responsable de la collision a pris la fuite sans se soucier de l'état de la victime.
Après une première auscultation sur la piste, le moniteur a fait appel aux pisteurs-secouristes afin de rapatrier le blessé vers le centre médical de la station.
Un grave traumatisme au genou suivi de lourdes complications
Examiné aux Angles puis pris en charge par un chirurgien orthopédiste à la clinique Saint-Augustin de Bordeaux, le diagnostic est sans appel : Monsieur J. souffre d'une fracture-arrachement du massif des épines tibiales, d'une fracture parcellaire avec enfoncement du plateau tibial externe, ainsi que d'un important épanchement intra-articulaire.
Un traitement orthopédique par attelle est mis en place, accompagné d'un arrêt de travail prolongé et de nombreuses séances de rééducation.
Malheureusement, l'état de santé de notre client se dégrade. Dès février 2016, une algodystrophie est suspectée, puis confirmée. Cette affection complexe provoque des douleurs intenses et persistantes. Face à la gravité des symptômes, Monsieur J. est orienté vers le Centre anti-douleur du CHU de Bordeaux. Plus d'un an après l'accident, l'algodystrophie est toujours active, nécessitant la prescription d'un neurostimulateur transcutané et la poursuite intensive de la kinésithérapie (près de 80 séances).
Un impact psychologique et professionnel majeur
Les conséquences de cet accident dépassent le cadre purement physique. Contraint à une sédentarité difficilement supportable et souffrant de douleurs chroniques (cervicales, abdominales et au genou), Monsieur J. développe un syndrome dépressif sévère.
Il est alors placé en congé de longue maladie pour une durée de douze mois, subissant de facto une perte de revenus particulièrement importante. C'est dans ce contexte de détresse physique, psychologique et financière qu'il décide de faire appel à notre cabinet pour défendre ses droits.
La saisine du Fonds de Garantie (FGAO) après délit de fuite
Le skieur responsable n'ayant pu être identifié suite à son délit de fuite, notre cabinet a orienté la procédure vers le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires de dommages (FGAO), conformément à l'article L421-1 du Code des assurances.
Dans un premier temps, le Fonds de Garantie a versé trois provisions de 3 000 euros chacune. Par la suite, une expertise médicale amiable a été diligentée par l'assureur. Cependant, les conclusions de ce premier rapport étaient inacceptables : elles minimisaient grandement les conséquences de l'algodystrophie et occultaient totalement l'état psychologique dégradé de la victime.
Contre-expertise et indemnisation finale de 39 381,67 €
Refusant de voir notre client sous-indemnisé, le cabinet a fermement contesté cette évaluation et exigé une contre-expertise. Le Fonds de Garantie a dû y faire droit.
Cette nouvelle réunion d'expertise, tenue en janvier 2020, a permis de rétablir la vérité médicale et de faire reconnaître officiellement l'ensemble des postes de préjudices subis par Monsieur J. :
L'assistance par une tierce personne temporaire ;
Le déficit fonctionnel temporaire (DFT) ;
Le déficit fonctionnel permanent (DFP) évalué à 7 % ;
Les souffrances endurées, évaluées à 3,5/7 ;
Le préjudice esthétique permanent ;
Le préjudice d'agrément (impossibilité de reprendre le ski et d'autres activités) ;
La perte de gains professionnels actuels (PGPA) due aux longs arrêts de travail ;
Les divers frais de santé restés à charge.
Sur la base de cette nouvelle expertise, le Fonds de Garantie a formulé une première offre d'indemnisation s'élevant à 13 847 euros. Jugeant cette somme encore insuffisante au regard de la jurisprudence et de l'ampleur des préjudices, le cabinet a engagé d'âpres négociations.
Au terme de ces échanges, nous avons finalement obtenu pour Monsieur J. une indemnisation globale de 39 381,67 euros, réparant ainsi intégralement et justement les conséquences de ce dramatique accident de ski.






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