Affaire Sylvia Iannello à Martigues : un féminicide doublé de carences dans la prise en charge des appels aux urgences
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

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Sylvia Iannello était une femme de 43 ans qui a perdu la vie à son domicile à Martigues après des violences conjugales. Elle a tenté à plusieurs reprises d’appeler les secours pendant la nuit du drame, mais aucune équipe n’est intervenue
Maître Julien Plouton défend les droits de la famille de Sylvia Iannello qui cherche à mettre en lumière les défaillances des secours et des forces de l’ordre.
Sylvia Iannello a été mortellement battue par son compagnon. Après un refus de prise en charge initial, elle a appelé les secours à plusieurs reprises mais aucune équipe n’est intervenue, menant à son décès.
L’affaire a suscité une prise de conscience nationale sur la non‑assistance à personne en danger et la prise en charge des victimes de violences conjugales.
Dans la nuit du 2 au 3 août 2025, Sylvia Iannello, âgée de 43 ans, a été mortellement blessée à Martigues (Bouches-du-Rhône) dans un contexte de violences conjugales.
Au-delà du drame humain, cette affaire soulève une question majeure : celle de la réponse apportée par les secours alors que la victime a sollicité de l’aide à plusieurs reprises au cours de la nuit.
Une nuit marquée par des violences et une aggravation de l’état de la victime
Sylvia Iannello aurait été violemment frappée, notamment au niveau abdominal. Elle est décédée des suites de lésions internes graves, évoquant une rupture de la rate et une hémorragie interne.
Des appels répétés aux urgences au cœur du dossier
Selon les informations publiées dans la presse nationale, Sylvia Iannello a appelé à plusieurs reprises les secours (jusqu’à neuf appels). Ces éléments font l’objet d’une attention particulière car ils interrogent la manière dont la situation a été évaluée, réévaluée et prise en charge au fil de la nuit, alors même que l’état de la victime aurait évolué.
Une première intervention aurait eu lieu, et une proposition de prise en charge/transport aurait été évoquée à un moment donné. La question, au cœur des débats, est celle de la réponse opérationnelle apportée malgré la répétition des sollicitations et la description de douleurs pouvant correspondre à une urgence vitale, ce que l’évolution médicale rapportée a malheureusement confirmé.
Une information judiciaire et des investigations sur la chaîne de décision
Le parquet d'Aix en Provence a confirmé que l'information judiciaire a été ouverte non seulement pour coups mortels mais également du chef de non-assistance à personne en danger.
L'enquête devrai ainsi éclaircir l’ensemble des circonstances : déroulé des appels, contenu des échanges, délais, décisions de régulation, moyens engagés, protocoles applicables et articulation entre services.
L’enjeu : établir la vérité et, le cas échéant, les responsabilités
Comme dans toute affaire de cette nature, il appartient à l’instruction de déterminer, sur la base des auditions, expertises médico-légales, enregistrements et documents opérationnels, si les réponses apportées relevaient :
d’une appréciation inadaptée du risque médical,
d’un dysfonctionnement organisationnel,
ou de manquements susceptibles d’engager des responsabilités (pénales et/ou administratives),sans préjuger des conclusions judiciaires.
Le cabinet aux côtés de la famille
Le cabinet intervient aux côtés de la famille de Sylvia Iannello afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès et sur la prise en charge des appels aux urgences, et pour que la famille soit accompagnée dans l’ensemble des démarches liées à la procédure.
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