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Incendie rue Erlanger : 25 ans de réclusion aux assises de Paris

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • 6 mars 2023
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 sept. 2025

Verdict : 25 ans de réclusion criminelle pour Essia B.

Après trois semaines de débats et un délibéré de près de 6 heures, la Cour d'assises de Paris a rendu son verdict dans le procès de l'incendie de la rue Erlanger. Essia B. est déclarée coupable des faits pour lesquels elle était accusée. La Cour retient l'altération de son discernement mais écarte la diminution de peine prévue à l'article 122-1 alinéa 2 du Code pénal.

La peine prononcée est de 25 années de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire de 15 années.

Une décision dans le sillage des réquisitions du Parquet

La Cour d'assises s'est inscrite dans le sillon tracé par Monsieur l'Avocat général, qui avait requis une peine de 27 années de réclusion criminelle.

Le ministère public avait souligné le caractère exceptionnel des conséquences des actes commis par Essia B., qui ont notamment causé la mort de 10 personnes.

Pourquoi la Cour a écarté l'atténuation de peine

Pour écarter l'atténuation de peine prévue en principe par l'article 122-1 alinéa 2 du Code pénal en cas d'altération du discernement, la Cour d'assises retient plusieurs éléments :

  • les actes commis par l'accusée sont la conséquence de sa colère et d'une volonté de vengeance ;

  • ils s'inscrivent dans un contexte de consommation volontaire de toxiques (alcool, médicaments et produits stupéfiants) ;

  • les conséquences de ces actes sont particulièrement graves ;

  • la personnalité de l'accusée présente une dangerosité avérée.

C'est l'articulation de ces facteurs qui a conduit la Cour à refuser de réduire la peine, malgré la reconnaissance d'une altération du discernement.

Notre intervention aux côtés des parties civiles

Nous intervenions dans ce procès pour des victimes qui se sont constituées parties civiles. Dans le cadre de nos interventions en parties civiles, nous avons, avec Maître Mathilde Manson, rappelé le vécu traumatique des hommes et des femmes que nous assistions.

Ce travail s'est inscrit dans la continuité de la déposition de l'un de nos clients, dont le témoignage lors de la première semaine des débats avait particulièrement ému ceux qui assistaient à l'audience.

Nous avons également relevé le peu d'évolution de l'accusée s'agissant de la remise en question de ses comportements à risque. Triste constat qui ne peut qu'inquiéter quant à son évolution future.

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