12 ans requis contre trois braqueurs

Dans l’affaire du casse de la bijouterie Prévôt, l’avocat général a également réclamé 10 ans contre le chauffeur présumé.

Après quatre jours d’audience devant la cour d’assises de la Gironde (lire nos précédentes éditions), une certitude se dégage du procès des braqueurs de la bijouterie Prévôt : les trois accusés n’appartiennent pas au milieu du grand banditisme. Redouane El K., Azzedine B. et Salah B. encourent pourtant 12 ans de réclusion criminelle. « Ce n’est pas un vol aggravé mais un crime que vous avez à juger », lance l’avocat général Yves Squercioni. Mercredi, les avocates des parties civiles (Mes Alexandra Baudouin, Aurélie Noël et Julie L’Hospital) étaient venues dire à la cour et aux jurés, la douleur et l’angoisse des employées de la bijouterie.

« La peur des victimes est incontestable et légitime », estime à son tour le représentant du ministère public. « Ce n’est pas une action improvisée, irréfléchie, elle a été très bien préparée. » Quant au quatrième homme, Nabil S., qui a toujours contesté avoir conduit les braqueurs sur les lieux des faits, l’avocat général est convaincu de sa présence le 12 mars 2012 à Bordeaux. « Il conduisait une autre voiture pour s’échapper, c’est une évidence », souligne Yves Squercioni. « On a retrouvé l’empreinte de son index gauche sur un téléphone qui n’a certes pas servi mais a été découvert dans le coffre de la Peugeot 206 utilisée par Salah B. et Azzedine B. Il y avait aussi son ADN sur une chaussure, un sac de sport et sur le levier de vitesse. Nous ne sommes plus dans des coïncidences. »

Pas de violence

« La présence de traces génétiques n’équivaut pas à celle de l’individu, oppose Me Hubert Hazera, l’un des avocats de Nabil Settah qui plaide l’acquittement en pointant les zones d’ombre du dossier. Me Philippe Screve, enchaîne : « On a dévoyé les choses et induit sa présence à Bordeaux. Les éléments scientifiques ne démontrent rien. L’ADN retrouvé est mélangé avec d’autres cellules. Le raisonnement est tronqué. »
Mes Julien Plouton (Redouane El K.), Mohamed Chebbah (Azzedine B.) et Frédéric Doyez (Salah B.) insistent sur l’absence de violence. « Ils n’ont fait de mal à personne. Ils ont travaillé et passé des diplômes en prison pour se reconstruire. » Verdict aujourd’hui.

 


Sud-ouest 20/06/2014 – 12 ans requis contre les trois braqueurs

Julien Plouton

Maître Julien PLOUTON a créé sa propre structure en 2009 après quatre années d’exercice au sein d’un cabinet d’avocats orienté vers le droit des affaires et le droit des contrats puis d’un cabinet spécialisé en droit pénal.

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