Meurtre à Soulac-sur-Mer : auteur de BD condamné à 19 ans
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 7 déc. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 avr. 2025
Procès d'un auteur de BD pour le meurtre de son oncle à Soulac-sur-Mer
Fabien M., auteur de bandes dessinées récompensé par l'Écureuil d'or au festival d'Angoulême, a été condamné à 19 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de la Gironde pour le meurtre de son oncle, Guy L., commis le 8 décembre 2020 à Soulac-sur-Mer. Maître Plouton est intervenu en défense aux côtés de Maître Marie-Caroline Blaise. L'accusé encourait 30 ans de réclusion ; 20 ans avaient été requis par l'avocat général.
Consultez notre dossier de presse sur cette affaire : intervention en défense devant la cour d'assises de la Gironde pour le meurtre de son oncle.
Les faits : un meurtre commis le 8 décembre 2020
Les faits se sont déroulés le 8 décembre 2020 sur la commune de Soulac-sur-Mer, en Gironde.
Après avoir passé la matinée sur un stand du marché de Noël où il dédicaçait ses bandes dessinées, Fabien M. rejoignait le domicile de son oncle, Monsieur Guy L., pour y déjeuner en famille avec sa mère. Une dispute éclatait à la fin du repas alors que Fabien M. était fortement alcoolisé et sous l'emprise de médicaments psychotropes pris en automédication pour juguler une angoisse pathologique et traiter sa phobie sociale.
L'origine de cette dispute entre Fabien M. et son oncle demeure particulièrement obscure. Ce dernier aurait quitté le salon pour se rendre dans sa chambre et s'allonger dans son lit avant d'y être rejoint par son neveu, qui, sous le coup d'une intense colère, l'aurait roué de coups de poings et frappé avec une lampe de chevet qui se trouvait dans la chambre. L'intégralité des violences étaient exercées sur le côté gauche du visage de son oncle qui, selon le médecin légiste, n'a pu se défendre.
Fabien M. et sa mère tarderont à appeler les secours, qui ne pourront que constater le décès de Monsieur Guy L. au moment de leur arrivée.
Une expertise médico-légale accablante
L'autopsie et les expertises des médecins légistes révéleront que la victime était encore en vie à l'issue des coups et qu'une prise en charge rapide aurait pu lui permettre de survivre.
L'appel aux pompiers, qui a fait l'objet d'un enregistrement diffusé dans le cadre du procès, faisait apparaître la vive émotion de Fabien M., son élocution pâteuse et le caractère directif de sa mère. Cette dernière n'hésitait pas à lui donner des consignes quant aux réponses à apporter aux pompiers, et nettoyait la scène de crime.
Un huis clos familial au cœur des débats
Les relations complexes nouées entre ces trois membres d'une même famille ont été au cœur des trois jours d'audience devant la cour d'assises de la Gironde.
Fabien M., âgé de plus de 40 ans au moment des faits, vivait en effet toujours chez sa mère dont il était partiellement dépendant. Il entretenait par ailleurs des relations étroites avec son oncle, qui jouait auprès de lui le rôle d'un second père, le père de Fabien M. ayant été écarté depuis de nombreuses années par la mère.
Les témoins entendus en procédure soulignaient que, pour Guy L., la relation la plus importante de sa vie était celle qu'il nourrissait avec son neveu. Il était particulièrement fier de sa réussite artistique et l'accompagnait régulièrement sur des salons et autres expositions de bandes dessinées pour l'aider à promouvoir ses albums.
Il semble néanmoins qu'il existait un certain ressentiment entre les deux hommes depuis une dispute remontant à plus d'une année. Fabien M. éprouvait de plus en plus de mal à accepter le caractère envahissant et inquisitoire de cet oncle. Ce dernier pouvait lui faire remarquer les fautes d'orthographe existant sur un album déjà édité et continuait à le traiter comme un enfant malgré son âge.
Un procès sonorisé pour Christophe Hondelatte
C'est ce huis clos familial et ces relations intrafamiliales complexes qui ont conduit Christophe Hondelatte à assister à l'intégralité de ce procès.
L'audience a en effet donné lieu à une sonorisation intégrale, destinée à l'une de ses futures émissions de radio, avec l'autorisation du Ministère de la Justice et du parquet général de Bordeaux.
La condamnation : 19 ans de réclusion criminelle
Notre client était en détention provisoire depuis près de trois ans au moment de son procès. Au cours des débats, il reconnaîtra finalement avoir eu, sous l'effet de la colère, une intention homicide, ce qu'il avait toujours contesté jusque-là.
Peine encourue : 30 ans de réclusion criminelle
Peine requise par l'avocat général : 20 ans
Peine prononcée par la cour d'assises de la Gironde : 19 ans de réclusion criminelle
Fabien M. a décidé de ne pas faire appel de ce jugement et a souhaité se consacrer à son parcours de soins et de sevrage, afin de préparer au mieux une sortie anticipée de détention.






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