top of page

Meurtre place de la Victoire à Bordeaux : 15 ans de réclusion

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • 12 mars 2009
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 avr. 2025

Verdict de la Cour d'assises de la Gironde (11 mars 2009)

Le 11 mars 2009, la Cour d'assises de la Gironde a condamné Christophe Hippolyte à quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Jean-Denis Cory, commis le 19 mai 2006 rue de Candale, à Bordeaux. La cour est allée au-delà des réquisitions du parquet général, qui avait demandé douze ans de prison. Par décision spéciale, les armes saisies sur les lieux et au domicile de l'accusé (un poignard marocain, une dague et trois sabres japonais) ont été confisquées.

Cinq coups de poignard marocain, dont un a transpercé le cœur de la victime, Jean-Denis Cory, un Martiniquais de 36 ans : c'est l'une des certitudes du procès pour meurtre qui s'est achevé hier après-midi devant la Cour d'assises de la Gironde. Un certain nombre de questions sont toutefois restées sans réponse précise.

L'accusé, Christophe Hippolyte, un autre Martiniquais de 28 ans, a été reconnu coupable à l'issue des débats.

Les faits du 19 mai 2006 rue de Candale à Bordeaux

Des témoignages contradictoires — « des faux témoignages », selon les avocats de la défense — ont compliqué la tâche de la justice. Le contexte : un trafic de stupéfiants en toile de fond.

La chronologie reconstituée par l'enquête :

  • Vers 17 h 20, une première altercation éclate en présence d'une quinzaine d'Antillais.

  • Christophe Hippolyte, un solide gaillard affichant 1,86 m à la toise, est accusé par l'un d'eux d'avoir dérobé un téléphone portable. Il s'en défend, puis s'en va.

  • Il revient un moment plus tard, après s'être rendu au domicile de sa maîtresse, où se trouvent ses affaires.

  • Vers 19 h 30, Jean-Denis Cory décède sur le trottoir de la rue de Candale, poignardé.

Les enquêteurs ont pensé un temps que Christophe Hippolyte avait pu aller chercher une arme, peut-être la fameuse dague retrouvée sur place. Le Martiniquais l'a toujours contesté. Rien n'a été prouvé et le juge d'instruction n'a pas retenu cet élément.

Une rixe mortelle entre deux hommes connus de la justice

De retour rue de Candale, Christophe Hippolyte reprend la dispute avec Jean-Denis Cory. Les deux hommes s'étaient rencontrés en Martinique et avaient eu un différend en 2005, alors qu'ils étaient interpellés ensemble dans une affaire de trafic de stupéfiants. L'un et l'autre étaient connus de la justice.

La bagarre dégénère. Jean-Denis Cory, qui est ivre, blesse Christophe Hippolyte à l'arcade sourcilière avec un tesson de bouteille ramassé près d'une poubelle. Il le menace ensuite avec une fourchette à poulet prise dans la cuisine du restaurant Le Chicken Station, situé dans la même rue.

La thèse de la légitime défense plaidée par la défense

Selon les avocats de la défense, Mes Julien Plouton et Servan Kerdoncuff, certains membres du groupe étaient armés (une batte de base-ball, un couteau, un antivol rigide) et hostiles à Hippolyte. L'accusé aurait été entraîné dans le restaurant et c'est à l'intérieur de l'établissement qu'il aurait porté les coups de couteau à Jean-Denis Cory.

Plusieurs zones d'ombre subsistent :

  • La victime était-elle armée du pique à poulet au moment des faits ? Pas sûr.

  • Qui était alors présent ? On ne sait pas précisément.

Christophe Hippolyte n'a pas tenté de s'enfuir. Il a toujours reconnu avoir été l'auteur des coups. Il a cependant invoqué la légitime défense, thèse largement reprise par ses avocats, qui ont plaidé avec conviction l'acquittement de leur client. En vain.

L'accusé a précisé qu'il transportait le poignard marocain, orné d'une tête de cheval, dans son sac banane, comme à son habitude, et qu'il l'avait sorti au dernier moment.

L'intention homicide retenue par la partie civile et l'accusation

Pour la partie civile, représentée par Me Béatrice Ceccaldi, le Martiniquais était bien animé d'une intention homicide. Il est, selon elle, un meurtrier qui ne s'est pas contenté de se défendre.

C'est également l'avis de l'avocat général. Patrick Sassoust a requis douze ans de réclusion criminelle, assortis d'un suivi socio-judiciaire dont il n'a pas précisé la durée. Le représentant du ministère public est revenu sur la personnalité de l'accusé et sur les sept condamnations déjà inscrites à son casier judiciaire, notamment une peine pour des violences avec arme, prononcée aux Antilles.

Selon lui, Christophe Hippolyte n'est pas « un enfant de chœur. Il s'agit d'un délinquant d'habitude, potentiellement dangereux ».

Le profil de l'accusé Christophe Hippolyte

Impliqué dès l'adolescence dans le deal de cannabis en Martinique, le condamné aurait consommé des produits stupéfiants dès l'âge de onze ans. Maltraité par un beau-père violent, il n'a guère connu son propre géniteur et cache, derrière une virilité affirmée, une grande fragilité.

En 2006, il suivait une formation pour travailler dans le bâtiment. Arrivé à Bordeaux en 2005 avec sa compagne, Christophe Hippolyte est aujourd'hui papa d'une petite fille de trois ans, née alors qu'il se trouvait en détention préventive.

Hier soir, il est retourné en prison pour longtemps.

Source : Sud Ouest, jeudi 12 mars 2009

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
divorce v2.jpg

Vous êtes concerné par cette situation ?
Nos avocats vous écoutent et vous conseillent.

RESSOURCES

Le droit expliqué clairement,
par des avocats.
48 articles pour comprendre vos droits, quelle que soit votre situation.

Image de Fahad Bin Kamal Anik

Une question sur vos droits ? Contactez le cabinet Plouton.

Nous appelerJe prends rendez-vous !
bottom of page