Vol de voiture : la MACIF condamnée à 10 000 € à Bordeaux
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 3 févr. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 janv. 2025
Ce qu'il faut retenir
Le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, dans son jugement du 23 janvier 2020 (RG n°18/06430), a condamné la MACIF à verser 10 000 euros à Madame N., assurée victime d'un vol de voiture en 2017. L'assureur avait refusé l'indemnisation en invoquant une clause de déchéance de garantie pour fausse déclaration de kilométrage. Le tribunal a jugé cette clause inopposable : la bonne foi de l'assuré est présumée, et c'est à l'assureur de prouver une fraude intentionnelle.
Lorsqu'un véhicule est volé, l'assurance doit respecter ses engagements et indemniser l'assuré selon les conditions prévues au contrat. Certains assureurs opposent pourtant à leurs clients des clauses de déchéance de garantie pour refuser le remboursement, sous des prétextes parfois infondés.
C'est exactement ce qui est arrivé à Madame N., assurée à la MACIF, à qui le Cabinet Plouton a apporté son expertise pour obtenir gain de cause devant le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux.
Les faits : un vol de voiture suivi d'un refus d'indemnisation
En 2017, alors qu'elle était en vacances, Madame N. a été victime du vol de son véhicule. Elle a immédiatement déclaré le sinistre à la MACIF et fourni tous les documents demandés, y compris les clés du véhicule et les informations nécessaires à l'expertise.
L'assureur a contesté sa déclaration, estimant que le kilométrage indiqué ne correspondait pas à celui relevé sur les clés par l'expert mandaté :
Un écart de plus de 30 000 km a été constaté entre l'estimation fournie par Madame N. et l'analyse des clés.
La MACIF a refusé toute indemnisation, invoquant une fausse déclaration et activant une clause de déchéance de garantie.
Selon l'assureur, cet écart modifiait considérablement la valeur du véhicule.
Or, Madame N. n'avait aucun moyen de fournir un chiffre exact : le procès-verbal du contrôle technique était resté à bord du véhicule volé.
Face à cette situation injuste, le Cabinet Plouton a été saisi afin d'engager une action contre la MACIF.
Notre stratégie : démontrer l'absence de fausse déclaration intentionnelle
Nous avons construit la défense de Madame N. autour de deux axes :
Faire reconnaître l'inopposabilité de la clause de déchéance de garantie invoquée par l'assureur.
Obtenir une indemnisation équitable, correspondant à la valeur de remplacement du véhicule.
Le rappel des obligations de l'assureur
Lorsqu'un assureur invoque une fausse déclaration, c'est à lui d'en apporter la preuve. La bonne foi de l'assuré est toujours présumée : c'est un principe de base du droit des assurances.
Nous avons plaidé que :
Madame N. n'avait pas intentionnellement falsifié le kilométrage : elle n'était simplement pas en mesure de le certifier, le document officiel ayant été volé avec le véhicule.
L'incohérence relevée par l'expert ne suffisait pas à démontrer une intention frauduleuse.
Le kilométrage exact n'ayant jamais pu être déterminé avec certitude, la MACIF ne pouvait légitimement refuser l'indemnisation.
La décision du tribunal : la MACIF condamnée à 10 000 euros
Le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, dans sa décision du 23 janvier 2020, a suivi notre argumentation et rappelé un principe essentiel du droit des assurances :
> « Il appartient à l'assureur de rapporter la preuve de cette fausse déclaration intentionnelle de l'assuré, dont la bonne foi est présumée. »
Le tribunal a également souligné que l'assureur est en droit d'exiger des éléments établissant le kilométrage réel du véhicule, mais que l'absence de preuve ne peut justifier un refus d'indemnisation.
Les décisions retenues
La clause de déchéance de garantie invoquée par la MACIF a été déclarée inopposable à Madame N.
La MACIF a été condamnée à verser 10 000 euros d'indemnisation, correspondant à la valeur de remplacement du véhicule, malgré les incertitudes sur le kilométrage.
Ce que cette décision change pour les assurés
Ce jugement rappelle trois principes que tout assuré doit connaître :
Les assurances ne peuvent pas invoquer des écarts mineurs ou des incertitudes pour refuser une indemnisation.
Si l'assuré est de bonne foi, sa garantie reste valable même en cas d'erreur dans sa déclaration.
Une clause de déchéance ne s'applique que si l'assureur prouve une fraude intentionnelle de l'assuré.
Au Cabinet Plouton, nous défendons les droits des assurés face aux compagnies d'assurance qui tentent de se soustraire à leurs obligations contractuelles.
Que faire si votre assurance refuse de vous indemniser après un vol de voiture ?
Vous êtes confronté à un refus d'indemnisation après le vol de votre véhicule, en raison d'un litige sur la déclaration ou d'une clause de déchéance de garantie ? Voici les étapes à suivre :
Vérifiez votre contrat d'assurance, en particulier les clauses relatives au vol et aux obligations déclaratives.
Rassemblez toutes les preuves : récépissé de dépôt de plainte, déclaration de vol, échanges avec l'assureur, rapport d'expertise, factures d'entretien.
Consultez un avocat en droit des assurances pour analyser vos droits et engager une procédure si nécessaire.
Le Cabinet Plouton vous accompagne pour défendre vos intérêts et obtenir l'indemnisation à laquelle vous avez droit.






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