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Double assassinat de Retjons dans les Landes : Un drame terrible et sanglant sur fond de vengeance personnelle

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • il y a 47 minutes
  • 6 min de lecture

Le jeudi 6 novembre 2025 aux alentours de midi, dans un hameau isolé à quelques kilomètres du village de Retjons, au nord-est de Mont-de-Marsan (Landes), un couple de septuagénaires belges, respectivement âgés de 74 et 75 ans, est retrouvé sans vie à son domicile par la gendarmerie, aux côtés de leur chien également décédé.

Le suspect a, pour sa part, été découvert grièvement blessé après avoir tenté de mettre fin à ses jours à l’aide de l’arme supposée du crime.

Au terme des premières investigations, il a été mis en examen pour ce double assassinat puis placé en détention provisoire.

 

Saisi par ce dernier et sa famille, Maître Julien Plouton va assurer sa défense.

 

 



Les faits : un conflit de voisinage d’une violence extrême selon les échos journalistiques


À la suite de la découverte, par la gendarmerie, des corps des deux septuagénaires et de leur chien, abattus par arme à feu dans des circonstances d’une particulière violence, les premiers éléments de l’enquête ont rapidement orienté les investigations vers l’hypothèse d’un conflit de voisinage entre le propriétaire et ses locataires, probablement lié à des tensions du quotidien, ayant finalement dégénéré en un véritable drame sanglant.

Les premiers témoignages recueillis auprès des habitants décrivent les victimes comme des personnes particulièrement discrètes et vivant en retrait, ne se montrant que très rarement. Une description similaire est faite du mis en cause, qui constituait par ailleurs leur seul voisin à proximité immédiate.

Le principal suspect, âgé de 54 ans et propriétaire du logement occupé par les victimes, aurait finalement, après son passage à l’acte, retourné son arme contre lui dans l’intention de mettre fin à ses jours. Toutefois, il était retrouvé vivant dans une zone boisée, grièvement blessé, son pronostic vital étant alors engagé. L’intervention rapide des services de secours, conjuguée à plusieurs interventions chirurgicales, ont finalement permis de préserver sa vie malgré la gravité de ses blessures.

(Sources : Sud Ouest, Ici, 20 Minutes, Le Parisien,)


L’intervention du cabinet Plouton

Pour répondre à l’avènement de ce drame, ayant profondément marqué cette commune d’à peine trois cents habitants, le parquet a ouvert une enquête, notamment du chef d’assassinats, confiée à la brigade de gendarmerie de Mont-de-Marsan.

Une information judiciaire a par la suite été ouverte concernant ce double homicide, à l’issue de laquelle le mis en cause a été mis en examen, puis placé en détention provisoire une fois en l’état de pouvoir quitter l’hôpital et de supporter les conditions carcérales. La qualification pénale d'assassinat a été retenue par le magistrat instructeur soit un homicide volontaire aggravé par la préméditation.

C’est dans ce cadre procédural là, que le cabinet Plouton intervient pour assurer la défense des intérêts de ce dernier, l’objectif étant de participer à la manifestation de la vérité s'agissant notamment des circonstances du passage à l'acte et des liens qui unissaient auteur des faits et victimes. Il s'agira également d'assurer un certain équilibre procédural entre prérogatives liées à l’instruction et droits du mis en examen.

 

L’instruction comme phase primordiale de la procédure criminelle 


Dans la procédure pénale française, la phase d’instruction occupe une place déterminante. Souvent assez méconnue du grand public, elle constitue pourtant le socle sur lequel reposera, le cas échéant, le procès pénal. Son objectif est clair : Déterminer la responsabilité de chaque protagoniste afin d’adapter la réponse judiciaire et son intensité.


Une phase confiée au juge d’instruction :

La phase d’instruction débute lorsqu’une information judiciaire est ouverte, généralement pour des affaires complexes ou graves, elle est à ce titre obligatoire en matière criminelle, et facultative en matière délictuelle. Elle est conduite par le juge d’instruction, magistrat indépendant chargé d’enquêter de manière impartiale et objective.

Contrairement aux idées reçues, le juge d’instruction ne cherche pas uniquement à démontrer la culpabilité : il instruit « à charge et à décharge ». Cela signifie qu’il doit recueillir tous les éléments, qu’ils soient favorables ou défavorables à la personne mise en cause.


Des actes d’enquête variés :

La phase d’instruction permet la réalisation de nombreux actes destinés à éclairer les faits :

  • Auditions et interrogatoires ;

  • Confrontations entre les parties ;

  • Expertises techniques ou médicales ;

  • Perquisitions et saisies ;

  • Reconstitutions éventuelles.

Ces investigations visent à reconstituer précisément les circonstances de l’infraction et à quantifier les responsabilités.


Une procédure encadrée et contradictoire :

L’instruction est strictement encadrée par la loi afin de garantir les droits fondamentaux. Le principe du contradictoire y joue un rôle central : chaque partie peut prendre connaissance du dossier, formuler des demandes d’actes ou contester certaines décisions.

Les avocats interviennent activement pour défendre les intérêts de leurs clients et veiller à la régularité de la procédure.


Des mesures strictement définies pouvant porter atteinte à la liberté :

Au cours de l’instruction, des mesures restrictives de liberté peuvent être décidées, telles que :

  • Le contrôle judiciaire ;

  • L’assignation à résidence sous surveillance électronique ;

  • La détention provisoire.

Ces mesures sont encadrées et doivent répondre à des critères stricts de nécessité et de proportionnalité.


L’issue de la phase d’instruction :

Une fois les investigations terminées, le juge d’instruction rend une décision mettant fin à la procédure :

  • Une ordonnance de non-lieu, si les charges sont insuffisantes ;

  • Une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel (délits), ou une ordonnance de mise en accusation devant la cour criminelle départementale ou la cour d’assises (crimes).

Cette décision majeure détermine alors la suite de la procédure.

 

Le rôle primordial de l’avocat au cours de l’instruction : Un acteur central dès le début de la procédure

 

Dès l’ouverture de l’information judiciaire, l’avocat assiste son client — qu’il soit mis en examen, témoin assisté ou partie civile. Il intervient pour expliquer les enjeux de la procédure, préparer les auditions et accompagner son client lors des interrogatoires et autres auditions devant le juge d’instruction.

Sa présence permet de s’assurer que les droits fondamentaux soient respectés, notamment les droits de la défense avec, entre autres, le droit de garder le silence, la présomption d’innocence ou encore le droit à l’assistance d’un conseil.


L’accès au dossier et la stratégie de défense :

L’un des rôles majeurs de l’avocat durant l’instruction est l’accès au dossier pénal. Il peut consulter les pièces de la procédure, analyser les éléments à charge et à décharge, et construire une stratégie de défense adaptée à la réalité du dossier.

L’avocat peut également formuler des observations écrites, demander des actes d’enquête (expertises, auditions de témoins, confrontations) ou contester certaines mesures qu’il estime injustifiées.


Un rôle actif dans la recherche de la vérité propre à son client :

Contrairement à une idée reçue, l’avocat ne se limite pas à défendre passivement son client. Il participe activement à la manifestation de la vérité de la personne qu'il assiste. En sollicitant des investigations complémentaires ou en mettant en lumière des incohérences dans le dossier, il contribue à l’équilibre de la procédure.

Cette démarche est essentielle dans un système où le juge d’instruction instruit à la fois à charge et à décharge.


Contester, discuter ou aménager les mesures coercitives :

Comme expliqué précédemment, durant la phase d’instruction diverses mesures restrictives de liberté peuvent être prises à l’encontre d’un individu mis en examen.

L’avocat peut alors intervenir pour contester ces mesures devant les juridictions compétentes, en plaidant pour la liberté ou des alternatives moins restrictives. Il veille à ce que ces décisions soient proportionnées et justifiées, afin de garantir le respect d’un certain équilibre procédural, entre liberté et répression.

À ce titre, l’avocat pourra solliciter, durant cette phase d’information judiciaire, la chambre de l’instruction, par le biais entre autres de demandes de mise en liberté pour mettre fin à la détention provisoire lorsqu’elle n’est plus proportionnée et nécessaire ; ou encore de demande de modification ou de mainlevée du contrôle judiciaire. Pour les affaires les plus graves, lorsque la détention provisoire ne peut objectivement être contestée, Il s'assure que cette privation de liberté reste compatible avec les critères de dignité humaine consacrés par l'article 3 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme qui prohibe les traitements inhumains ou dégradants. Il s'agit alors notamment de s'assurer que les conditions de détention respectent les normes d’hygiène et de salubrité (la présence de nuisibles ;l’humidité ;l’état des sanitaires ;l’accès à une douche ;la propreté générale), que le détenu a bien accès aux soins médicaux et que sa sa sécurité et sa protection sont effectivement assurées.


La préparation des suites procédurales :

Enfin, l’avocat anticipe l’issue de l’instruction. Comme développé plus tôt, à son terme, le juge peut rendre une ordonnance de non-lieu ou renvoyer l’affaire devant une juridiction de jugement. L’avocat prépare alors la défense en vue d’un éventuel procès, en consolidant les arguments juridiques et en organisant les éléments de preuve favorables à son client.

C’est dans ce cadre qu’intervient alors l’avis à partie (article 175 du code de procédure pénale), laissant possibilité pour les parties, et le ministère public, de réaliser leurs dernières observations, dans un délai de 1 mois si le mis en examen est placé en détention provisoire, ou de 3 mois s’il ne l’est pas.

 

C’est ainsi dans un contexte difficile, celui d’un drame sanglant ayant frappé un village modeste, qu’intervient le cabinet Plouton pour assurer la défense du mis en examen.

Notre travail sera d’assister le mis en examen tout au long de l'information judicaire et lors du procès criminel en veillant à ce que la justice soit rendue à l'aune du respect d'un équilibre fondamental : la préservation

  • des intérêts de la victime ;

  • des droits de l’accusé ;

  • et ceux de la société.

 

Pour en savoir plus sur notre expertise, consultez nos autres affaires en droit criminel ou contactez notre cabinet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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