Reconstitution criminelle – Féminicide de Nasrine Bensalem à Cenon
- Cabinet Plouton

- 53false21 GMT+0000 (Coordinated Universal Time)
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 10h
Le 9 janvier 2025, en milieu d’après-midi, Nasrine Bensalem était égorgée par son mari au sein du domicile conjugal, à Cenon.
Mère de trois jeunes enfants âgés de cinq, six et huit ans, sa famille a dénoncé l'isolement dans lequel elle vivait et l’emprise exercé par son mari depuis plusieurs années.
Une reconstitution au cœur de l’intimité familiale
Le 4 février 2026, soit un an après les faits, le juge d’instruction en charge du dossier a organisé une reconstitution criminelle sur les lieux du drame.
Les services d’enquête, le Procureur de la République, le juge d’instruction et son greffier, le médecin légiste, le mis en examen et les parties civiles ainsi que leurs avocats respectifs étaient présents rue Jules Guesde, à Cenon, dans l’appartement familial.
A l’intérieur, rien n’a changé, les meubles sont restés en place, les cadres et les tableaux ornent toujours les murs et les vêtements des enfants remplissent encore les tiroirs.
C’est dans cette intimité figée que le mis en examen a du donner sa version des faits.
Le rôle d’une reconstitution criminelle
Voici une réécriture avec un enchaînement fluide, une hiérarchisation claire des idées et un style journalistique très exigeant, sobre et précis, sans ajout de fond.
L’article 81 du Code de procédure pénale confère au juge d’instruction un pouvoir large : celui de procéder à tous les actes d’information qu’il estime utiles à la manifestation de la vérité.
Parmi ces actes figure la reconstitution, mesure d’instruction destinée à reproduire, dans des conditions aussi proches que possible de la réalité, les circonstances d’un crime ou d’un délit. Son objectif est de confronter les différentes versions des faits aux éléments matériels, médicaux et techniques du dossier.
La reconstitution permet ainsi aux magistrats, aux enquêteurs, aux experts et aux parties d’examiner la cohérence des hypothèses avancées. Elle offre un cadre concret pour apprécier la vraisemblance des déclarations, évaluer les distances, les angles de vue ou les temps de déplacement, et replacer les faits dans leur environnement réel. In fine, elle contribue à éclairer la cour d’assises sur le déroulement précis des événements.
En pratique, le juge d’instruction invite chaque partie à restituer son propre déroulé des faits. Les parties peuvent formuler des observations, solliciter des vérifications complémentaires et attirer l’attention sur des points techniques ou matériels jugés déterminants.
Lorsque le mis en examen refuse de participer physiquement à la reconstitution, son rôle peut être tenu par un fonctionnaire de police. S’agissant de la victime, il peut également être recouru à l’usage d’un plastron afin de matérialiser certaines situations ou gestes, sans exposition directe.
Des clichés photographiques sont systématiquement réalisés afin d’illustrer les actes décrits, les positions adoptées et l’environnement immédiat. Ces photographies sont versées au dossier d’instruction et peuvent être projetées lors de l’audience pénale.
Parallèlement, le greffier consigne avec précision l’ensemble des déclarations, indications matérielles et observations formulées. Ces éléments donnent lieu à la rédaction d’un procès-verbal de reconstitution, intégré à la procédure.
La reconstitution joue ainsi un rôle central dans la recherche de la vérité. Elle permet de confronter les récits, d’éclairer les analyses des magistrats et des experts, et de garantir le respect des droits de la défense.
Elle ne constitue toutefois pas une obligation juridique. Le juge d’instruction, comme la chambre de l’instruction, peut refuser d’y procéder si elle est jugée inutile, inopérante ou dangereuse. En matière criminelle, elle demeure néanmoins la règle. Sa validité repose sur le strict respect des droits des parties et sur l’absence de procédés déloyaux. Les imperfections inhérentes à l’exercice n’en affectent pas la régularité, sauf atteinte caractérisée aux droits de la défense.
La reconstitution demeure enfin un outil probatoire précieux, dont la valeur est souverainement appréciée par les juridictions, sans jamais préjuger à elle seule de la responsabilité pénale.




Commentaires