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Escroquerie aux voitures sur Internet : plaintes JIRS Bordeaux

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • 24 juin 2022
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 févr. 2025

Le cabinet Plouton a déposé plusieurs plaintes auprès du Procureur de la République, au sein de la JIRS de Bordeaux, pour représenter un collectif de victimes d'escroquerie en bande organisée et de blanchiment aggravé liées à l'achat de véhicules étrangers sur Internet. Cette affaire mobilise trois domaines juridiques : droit pénal, droit de la consommation et droit bancaire.

Le stratagème : de fausses pages Facebook et des véhicules jamais livrés

Les escroqueries reposent sur un schéma rodé. Des pages Facebook professionnelles, suivies par plusieurs centaines de milliers d'internautes, proposent des véhicules importés d'Allemagne à des prix attractifs. Les conditions générales de vente paraissent crédibles, les interlocuteurs rassurants.

Les victimes versent des frais de réservation, puis le montant prévu par le devis. Le véhicule n'est jamais livré. Les demandes de remboursement restent sans réponse.

L'organisation criminelle apparaît structurée : sites miroirs, comptes bancaires de transit, identités d'emprunt. Les préjudices individuels vont de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Témoignage d'une victime : l'histoire de Charlie

« C'était la première grosse voiture que je pouvais me payer. Je me suis fait berner à 100 %. »

Charlie, habitant de l'agglomération bordelaise, explique comment il a été séduit par une page Facebook rassurante suivie par plus de 242 000 personnes. Attiré par des prix attractifs pour des véhicules importés d'Allemagne et par des conditions générales de vente apparemment crédibles, il a procédé à l'achat d'un Range Rover pour 17 500 euros.

Après avoir payé les frais de réservation et le montant prévu par le devis, Charlie n'a jamais reçu le véhicule, malgré de multiples tentatives pour obtenir le remboursement. Sa situation illustre la détresse et la colère partagées par l'ensemble des victimes du collectif.

Responsabilité bancaire et soupçons de blanchiment aggravé

Les fonds versés par les victimes ont transité par des banques en ligne, sur des comptes ouverts au nom de sociétés écrans ou de personnes physiques sans lien apparent avec le commerce automobile.

Les établissements bancaires sont soumis à une obligation de vigilance renforcée au titre de la lutte contre le blanchiment de capitaux (articles L. 561-1 et suivants du Code monétaire et financier). Cette obligation impose le signalement des opérations atypiques à TRACFIN.

Le cabinet a déposé des plaintes complémentaires visant ces établissements pour manquement à leur obligation de vigilance et pour blanchiment aggravé. Le mécanisme : les sommes encaissées sont rapidement transférées, fractionnées, puis converties pour brouiller leur traçabilité.

L'action collective menée par le cabinet devant la JIRS de Bordeaux

Nous avons fait le choix d'une plainte unique regroupant l'ensemble des victimes identifiées, plutôt que de plaintes individuelles dispersées. Ce regroupement poursuit trois objectifs :

  • centraliser l'enquête au sein de la JIRS de Bordeaux, compétente en matière de criminalité organisée ;

  • mutualiser les éléments de preuve (échanges, virements, captures d'écran, flux bancaires) ;

  • obtenir une réponse pénale coordonnée plutôt qu'un traitement morcelé entre parquets.

L'intervention du cabinet vise à faire reconnaître la qualification d'escroquerie en bande organisée (article 313-2 du Code pénal), à engager la responsabilité des banques ayant hébergé les flux frauduleux, et à obtenir l'indemnisation intégrale des préjudices subis par chacun des plaignants.

Une réponse judiciaire forte attendue

L'affaire illustre la sophistication des escroqueries en ligne ciblant les consommateurs sur le marché automobile, et le rôle déterminant des établissements bancaires dans la chaîne de blanchiment.

En regroupant les plaintes et en sollicitant une enquête centralisée à la JIRS de Bordeaux, le cabinet entend mettre un terme à ces agissements et obtenir réparation pour les victimes.

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