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Coups mortels au lac de Bordeaux : procès aux assises

  • Photo du rédacteur: Julien Plouton - Avocat à la Cour
    Julien Plouton - Avocat à la Cour
  • 10 mars 2011
  • 3 min de lecture

En résumé. Abdelkader C., 37 ans, et Stéphanie S., 31 ans, comparaissent depuis le 9 mars 2011 devant la cour d'assises de la Gironde pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La victime, Jean-Hervé L., dentiste talençais de 50 ans, avait été retrouvée le 15 juillet 2003 près du lac de Bordeaux, après une soirée de canicule. Maître Julien Plouton assure la défense d'Abdelkader C. dans ce dossier instruit pendant six ans et demi.

Le contexte du procès aux assises de la Gironde

C'est au terme de six ans et demi d'enquête que les responsables présumés de la mort de Jean-Hervé L., dentiste talençais de 50 ans retrouvé le 12 juillet 2003 au lac de Bordeaux, ont été interpellés.

Abdelkader C., 37 ans, et Stéphanie S., 31 ans, comparaissent depuis hier et jusqu'à vendredi devant la cour d'assises de la Gironde pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

D'entrée de jeu, le président Michel Regaldo Saint-Blancard a cherché à apporter de la clarté dans un dossier parfois confus.

Une journée de canicule au bord du lac

Le soir des faits, Abdelkader C. et Stéphanie S. avaient beaucoup bu. À l'occasion de cette journée caniculaire, le couple était venu de Cenon passer la journée au bord du lac avec le fils de Stéphanie, alors âgé de 3 ans, pour trouver un peu de fraîcheur.

La consommation a été massive :

  • Une bouteille de rhum partagée

  • Plusieurs bières

  • Des cachets pris par Stéphanie

Puis, à la suite d'une dispute, son compagnon lui a brisé la mâchoire d'un coup de poing.

Alcool, drogue et coups portés dans la nuit

Plus tard, le couple a décidé de dormir sur place. L'enfant dans un canot pneumatique, les adultes sur leurs serviettes de bain, dans un espace entre lac et bois.

Selon Abdelkader C., défendu par Maître Julien Plouton, la nuit était tombée lorsqu'il a vu un homme, en partie dissimulé derrière un arbre, en train de « se masturber en nous matant ». Abdelkader C. reconnaît l'avoir frappé après lui avoir demandé de partir. Devant les jurés, il a affirmé hier être celui qui avait porté le plus de coups.

Au cours des auditions, Stéphanie S., défendue par Maître Dominique Laplagne et Maître Naji Medawar, a elle aussi déclaré avoir porté des coups de pied. « Parce que c'est ce qu'on m'a raconté, mais je ne me souviens de rien. » Elle avait la mâchoire brisée, mais n'a pas réalisé sur l'instant la gravité de sa blessure, qui sera constatée à l'hôpital le 15 juillet.

Par la suite, son compagnon effectuera pour ce geste huit mois de prison. Mais à cette époque, aucun lien n'était fait entre eux et Jean-Hervé L., dont le corps a été retrouvé à plusieurs mètres du bord du lac, le 15 juillet 2003.

Une longue enquête jusqu'en 2006

Alors que les investigations menées notamment dans les lieux de rendez-vous homosexuels piétinaient, ce n'est qu'en 2006 que les enquêteurs ont convoqué pour la première fois Abdelkader C. et Stéphanie S. à la faveur d'un renseignement. S'en suivait la mise en examen des deux accusés.

Les parcours des deux accusés

Hier, ce sont leurs vies qui ont été racontées. Des vies marquées par la drogue et l'alcool.

  • Pour lui, la consommation a débuté à l'âge adulte, après une enfance heureuse et des études jusqu'à un bac pro.

  • Pour elle, le récit retrace une vie douloureuse dès la petite enfance, ponctuée de nombreux placements en foyers et d'une relation d'amour-haine avec sa mère.

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