Trafic de stupéfiants à Bordeaux : 29 prévenus jugés
- Julien Plouton - Avocat à la Cour

- 11 sept. 2008
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 avr. 2025
En résumé : En septembre 2008, 29 prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel de Bordeaux dans une vaste affaire de trafic de résine de cannabis et de cocaïne. Le parquet requiert jusqu'à 7 ans de prison ferme contre les principaux mis en cause. Grégory Fabre, alias « Greg », 29 ans, est présenté comme la tête de la branche bordelaise du réseau, qui s'étendait jusqu'au bassin d'Arcachon.
Un trafic de stupéfiants jugé devant le tribunal correctionnel de Bordeaux
Depuis lundi, 29 détenus sont jugés dans le cadre d'un trafic de résine de cannabis et de cocaïne devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Le parquet, représenté par M. Bellet, requiert jusqu'à 7 ans de prison ferme. Christine Morice préside l'audience.
Il joue au poker, roule en cabriolet, jongle avec les téléphones portables. Il circule beaucoup, surtout en direction de l'Espagne, et utilise des chambres d'hôtel comme positions de repli. Il est accusé de vendre le « shit » au kilo. Tel est le profil de Grégory Fabre, alias « Greg », jugé depuis lundi pour trafic de stupéfiants avec 28 autres prévenus.
Le profil du principal prévenu : Grégory Fabre, alias « Greg »
Ce Girondin de 29 ans, incarcéré depuis dix-neuf mois, est considéré comme un revendeur important de résine de cannabis et de cocaïne sur la région bordelaise. Il a été interpellé en février 2007 sur un parking de Mérignac.
Les policiers étaient remontés jusqu'à lui par le biais d'écoutes téléphoniques, en enquêtant sur un autre trafic. À ses côtés dans le box des détenus se trouvent :
Fanny Gonzalez et Marie-Hélène Ruellot, deux Bayonnaises récidivistes ;
Nicolas Quintane, domicilié à Belin-Béliet.
Le dossier porte sur plusieurs centaines de kilos de résine de cannabis et sur de la cocaïne en quantités beaucoup moins importantes.
Une organisation entre Bordeaux, le bassin d'Arcachon et Bayonne
Le réseau se structure en deux branches : d'un côté les Bordelais, de l'autre les Bayonnais. Tous ont en commun deux fournisseurs en fuite, qui font l'objet de mandats de recherches :
Peyo Argain, 44 ans, condamné à plusieurs reprises ;
Saïd Ben Ali, 26 ans.
La branche bordelaise, qui se ramifie jusqu'aux plages du bassin d'Arcachon sous la houlette présumée de « Greg », est constituée principalement de consommateurs revendeurs. Ces derniers tentent de minimiser les quantités vendues en mettant l'accent sur leur toxicomanie. « Mon client fumait jusqu'à 20 joints par jour », plaidait hier l'une des avocates de la défense.
Parmi les prévenus figure un marchand de téléphones portables établi à Saint-Médard-en-Jalles, poursuivi pour complicité de trafic de stupéfiants. On lui reproche d'avoir vendu une vingtaine d'appareils à Grégory Fabre, des téléphones sans abonnements. Sur les papiers, le commerçant peu regardant inscrivait le nom d'anciens clients ou inventait carrément des identités fantaisistes.
Les réquisitions du parquet : jusqu'à 7 ans de prison ferme
Le parquet, par la voix de M. Bellet, a requis :
6 à 7 ans de prison ferme pour Peyo Argain et Saïd Ben Ali, les deux fournisseurs en fuite ;
5 ans de prison ferme pour Grégory Fabre ;
Une peine de sursis pour la sœur de Grégory Fabre, qui rendait régulièrement des services à son frère en dissimulant chez elle des enveloppes contenant du numéraire.
Durant l'été 2006, une somme d'environ 10 000 euros avait d'ailleurs brûlé dans le four de la sœur, où elle était dissimulée. Il est vrai que la cachette était risquée.
Les avocats de la défense
Parmi les avocats présents à l'audience, on relève la présence de Maîtres Arnaud Dupin, Dominique Laplagne, Sandrine Joinau-Dumail, Pierre-Luc Receveur, Jeannici Bergeon, Philippe de Caunes et Julien Plouton.
Le délibéré est attendu aujourd'hui.
Source : Sud Ouest, jeudi 11 septembre 2008






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